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Date de création : 04.11.2015
Dernière mise à jour : 16.01.2020
369 articles


J'appelle mes frères ...

Publié le 05/06/2016 à 12:44 par andemaud Tags : background littérature appelle frères andemaud suédoise centerblog image

 

 

 

 

 

 

 

andemaud_migrants.jpg

 

 

 

 

 

 

J’appelle mes frères et je dis 

 

«Il vient de se passer un truc complètement fou.

Vous avez entendu ?

Douze morts, onze blessés,

dans la rédaction d’un journal à Paris.»

 

 

J’appelle mes frères et je dis

 

 «La police traque deux suspects. Ils sont frères.

Mais ils ne sont pas nos frères.

Même si certains vont essayer de les associer à nous.

Leurs noms, leur origine, la couleur de leurs cheveux.

Suffisamment ressemblant (ou pas ressemblant du tout).»

 

 

J’appelle mes frères et je dis

 

«Faites attention.

Ne vous faites pas remarquer pendant quelques jours.

Fermez les portes. Tirez les rideaux.

Si vous devez sortir, laissez votre keffieh à la maison.

Ne portez pas de sac suspect.

Montez le son dans votre casque

pour ne pas être blessé par les commentaires des gens.

Fermez les yeux pour éviter de croiser les regards.

Chuchotez dans le métro, riez silencieusement au cinéma.

Mêlez-vous à la foule, devenez invisibles, évaporez-vous.

N’attirez l’attention de personne,

je dis d’absolument

personne.»

 

 

J’appelle mes frères et je dis

 

«Oubliez ce que je viens de dire.

Fuck le silence !

Fuck l’anonymat !

Sortez en ville en ne portant que des guirlandes de Noël.

Mettez des anoraks fluorescents,

des jupes en raphia orange.

Soufflez dans des sifflets.

Hurlez dans des mégaphones.

Occupez les quartiers,

envahissez les centres commerciaux.

Soyez le plus visibles possible

pour qu’ils comprennent

qu’il existe des forces d’opposition.

Tatouez-vous

"Politiquement correct for life"

en lettres gothiques noires sur le ventre.

Défendez le droit de tous les idiots à êtres idiots

jusqu’à en perdre la voix.

Jusqu’à en mourir.

Jusqu’à ce qu’ils comprennent

que nous ne sommes pas ceux

qu’ils croient

que nous sommes».

 

Jonas Hassen Khemiri

in J'appelle mes frères